A tour de rôle chacun apporte sa pierre à l'édifice.
La règle du jeu est sur le blog de Doudette et le Chapitre 1 aussi.
CHAPITRE 2 : J'AI BESOIN D'AIR
Elle ne me voit pas et plus le temps passe plus je l’observe.
D’ailleurs pour moi le temps s’est arrêté.
J’ai oublié ce lieu sinistre et mal aéré, j’ai oublié cette masse humaine derrière moi qui se heurte et se bouscule à l’ouverture des portes de la rame.
A peine quelques cris et grognements parviennent à pénétrer mes oreilles. Déjà la rame s’éloigne et je n’ai même pas cherché à y rentrer.
J’observe ses lèvres qui sourient et articulent machinalement quelques mots en scrutant l’écran de son smartphone, tandis que ces doigts s’activent sur son clavier. Elle me rappelle le lycée, l’insouciance, les baisers échangés à la sauvette, les premiers émois, les premiers corps qui se frôlent, se touchent, se caressent, s’aiment.
Elle sait que Paul l’attend déjà à la sortie de la station Saint-Michel. Elle est tellement en retard avec cette foutu grève. Pourtant son cœur est léger à l’idée de passer cette fin d’après-midi avec lui. Elle a dit à sa mère qu’elle ne rentrerait certainement pas avant 11 heures. Après tout ce n’est que le début de l’année, elle pourra sécher les cours demain matin, un petit mot d’excuse fera l’affaire.
Tout me semble si simple pour elle. Elle rayonne.
Je me retourne vers le quai où la quantité de voyageurs n’a pas diminué. Et si je rentrais à pied. Ce serait l’occasion de profiter de cette belle journée d’automne. Je n’en peux plus de ces enfermements. L’air pur me manque.
Paul s'impatiente. Déjà 20 minutes qu'elle devrait être là. Foutus grévistes !!.
il attends, calé sur la selle en cuir de sa Vespa GTV, arc-bouté sur son guidon chromé. Il a hate de déambuler dans les rues étroites du Quartier Latin en la serrant contre lui et de trouver un peu de tranquilité. Car là, c'est le tumulte, le chaos automobile, les piétons qui le frolent au risque de le renverser.
Je consulte à mon tour mon téléphone. 17h23. Les Provinciaux de ma TL rentre l’un d’une ballade en VTT, l’autre de son jardin.
Je sors de la station.
La jeune fille fait de même, j’entends ses pas tout en bas de l’escalier.
Je m’arrête au Kiosque pour acheter le Monde de l’après-midi. En me retournant, elle me percute, son téléphone part se fracasser sur le trottoir, batterie d’un coté, clavier de l’autre.
Je m’excuse benoitement tandis qu’elle ramasse son appareil désarticulé.
Elle se retourne désemparée.
......
Bon, je passe le relais à Spads , parce que j'en ai envie et parce que c'est un créatif.